Évaluation publiée le 7 février 2021
Il a vu la caravane, il a dit banco !
Qui m’aurait parlé de VR, il y a un an de cela, se serait vu répondre : «
mouais… suis pas super chaud ! » *ba dum tss*. Du haut de mon ignorance, je ne considérais la chose que comme un gadget hors de prix. Un courant vidéoludique certes un peu original, mais marginal et destiné à le rester. Et puis sont arrivés d’abord l’incontournable
Half-Life : Alyx, le genre de claques au-devant desquelles tu cours très volontiers, et ensuite l’
Oculus Quest 2 avec son rapport qualité/prix aussi imbattable qu’irrésistible.
Pour qui vénère la licence
Half-Life, se voir privé de cet épisode-là est un terrible crève-cœur. Du plomb dans l’aile pour mes convictions, tu penses bien… Autant te dire qu’une fois débarqué l’
Oculus Quest 2, ces convictions m’ont fait l’effet de gallinettes cendrées lâchées un soir de chasse, au beau milieu d’une forêt du Bouchonnois. Gallinettes que j’ai dès lors achevées proprement et sans vergogne, avec force rafales de «
Tout bien pesé, il m’est arrivé d’acheter une console, hypé que j’étais par un seul jeu (Nintendo, si tu nous regardes), en faisant le pari que je trouverai par la suite de quoi satisfaire mon appétit ». Si j’ai trouvé ? Oh que oui !
Des gimmicks, des phrases choc !
Deux paragraphes pour amener la bête, rien que ça ! Bête que d’ailleurs on ne présente plus. Si ? Bon, d’accord. Sorti en 2017,
SUPERHOT VR est donc la suite – au sens comptable du terme, ni plus ni moins – de
SUPERHOT, ce FPS reconnaissable entre mille à sa direction artistique
low poly très épurée. FPS qu’a par ailleurs rendu célèbre son gimmick, basé sur une variante du bullet time. En l’occurrence, seuls tes mouvements font s’écouler le temps ; ceux des controllers, pas du casque (détail éminemment important, j’y reviendrai). Il va de soi que les secondes défilent plus ou moins vite, selon ton degré d’agitation.
Qu’on se le dise,
SUPERHOT VR ne brille pas par son histoire. De toute façon, ce n’est pas sur ce terrain-là qu’il est attendu. Le délire méta, la mise en abyme… tout cela est fort sympathique, mais on est quand même venus pour péter des rotules, nom de dieu ! Je vais te faire gagner du temps (de rien), en voici un résumé : toi y en a devoir dessouder les méchants. Et c’est précisément là où cette direction artistique épurée fait des merveilles : question lisibilité, il est irréprochable ! L’ennemi est rouge, dans un décor d’un blanc immaculé, tandis que tout ce que tu peux saisir est noir.
Noires sont les armes à feu, pistolets, uzis et fusils à pompe. Noirs sont les marteaux, couteaux et autres tranchoirs. Noirs sont enfin bouteilles et cendriers, tous ces objets pouvant être jetés à la face de tes agresseurs. Sans oublier d’ailleurs tes poings, tout aussi efficaces quand il s’agit de leur défoncer la mâchoire – ou les génitoires, si ça te chante. Toujours est-il qu’un choc, un seul, te permettra de pulvériser l’ennemi. Ceci dit, c’est à double tranchant… Ne t’avise pas de prendre ne serait-ce qu’une beigne, sans quoi c’est retour illico au début du niveau.
Simulateur de Keanu Reeves.
À ce propos,
SUPERHOT VR comporte 19 niveaux, dont 5 servant de tutoriel, chacun d’eux étant découpé en sous-sections. Je ne vais pas te mentir (c’est du reste ce qu’on lui reproche le plus fréquemment), cette campagne est hélas assez courte… Environ 2h te suffiront pour venir à bout du premier run. Et si d’aventure ta faim n’est pas rassasiée, sache qu’une fois l'histoire terminée te seront proposés 8 modes affectant sensiblement la façon de jouer : autant pour la durée de vie, qui s’en trouve multipliée au bas mot par 5 !
Dans l’un d’eux par exemple, les ennemis ne pourront être abattus que par un coup à la tête. Dans un autre, non seulement le chargeur des armes à feu ne comptera qu’une seule balle, mais le temps s’écoulera aussi plus vite. Dans un troisième, tu devras carrément composer avec des chargeurs vides… Terminer la campagne en temps réel limité, en temps de jeu limité ou bien sans mourir. Sans t’en apercevoir, ce sont à chaque fois des aspects du gameplay que tu perfectionnes : adresse au lancer, précision des tirs, efficience du mouvement, etc. De sorte que tu finis par devenir une véritable machine à tuer !
Il y a quelque chose d’incroyablement jouissif à mettre en pause le temps, balayer du regard les parages afin d’analyser la scène, pour ensuite dézinguer tout ce beau monde façon John Wick, tout en esquivant les balles comme le ferait un certain Néo. Au point, je crois, que
SUPERHOT VR m’a procuré des sensations comme je n’en avais jamais connues dans le jeu vidéo classique… Pour conclure, j’ajouterais qu’il représente par ailleurs une excellente entrée en matière pour la VR, dans la mesure où aucun déplacement virtuel n’est nécessaire. Autrement dit, aucun risque de cinétose !
NB : Cinétose, plus communément appelée
la gerbe mal des transports.
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